Histoire de peau

La peau est un des premiers éléments de soi perceptible par les autres. Pas étonnant donc de souhaiter qu'elle soit la plus jolie possible mais aussi de devenir totalement paranoïaque lorsque l'on complexe sur celle-ci.



Adolescence


Comme la plupart des adolescents, ma peau a commencé à devenir modérément acnéique un peu avant mes 15 ans.

Malgré une mère qui a fait des études d'esthétique (et donc une bonne base en dermatologie et en cosmétologie), je suis tombée dans le piège des produits trop abrasifs.

On me décrit ma peau comme grasse et automatiquement, je pense qu'il faut la dégraisser au maximum.

J'utilisais donc des savons agressifs et des produits exfoliants quasiment au quotidien.

En plus à l'époque, c'était la grande mode des produits avec beaucoup d'alcool dedans, pour bien agresser la peau en profondeur.

Inutile de dire que ça n'a fait qu'empirer les choses.


J'ai ainsi perdu toute foi en les cosmétiques et ai fini par abandonner toute tentative d'amélioration via cela.


En grandissant, comme expliqué dans mon article sur mon rapport avec mon poids, j'ai eu l'espoir de voir une amélioration par l'alimentation.

Alors certes, dès que j'ai cessé de boire du lait animal j'ai pu voir une première amélioration, mais sinon rien du tout.

Quand je réussis à boire un peu plus d'eau au quotidien, je vois bien que mon teint est plus lumineux, mais cela s'arrête là.

Pas d'amélioration sur le rythme d'apparition des boutons ou sur leur cicatrisation.


Ce n'est que des années plus tard, quand j'ai compris que ma peau n'était pas du tout grasse mais normale à tendance grasse et extrêmement déshydratée, que j'ai pu intégrer l'importance d'une protection et d'une hydratation complète et ainsi commencer à voir des progrès.


Aujourd'hui, même si elle est loin d'être parfaite, je peux sortir sans maquillage même en hiver, sans avoir l'impression que tout le monde ne va voir que cela.


Après avoir tenté une meilleure alimentation et une meilleure routine, il me reste cependant quelques imperfections.

J'en suis venue à la conclusion qu'il y a une grande part de génétique et qu'à part les quelques être supérieurs qui ont eu énormément de chance, la plupart d'entre nous ont des imperfections.

D'autre part, étant une femme je pense qu'il doit aussi y avoir un minimum d'influence des hormones.


Impact psychologique


J'aimerais revenir sur l'impact psychologique que cela a eu sur moi et apporter quelques réflexions sur le sujet.


Le problème d'être complexé par sa peau est similaire je pense à tous les complexes que l'on peut avoir sur une partie du visage.

Notre visage est le premier miroir de notre identité.

C'est ce que les autres examinent le plus, ne serait-ce que pour déchiffrer nos émotions.

C'est aussi ce qui est le plus exposé, que ce soit avec nos proches ou amis, mais aussi lorsque l'on rencontre des gens, ou même face à des inconnus à peine croisés dans la rue.

Quand un de nos complexes touche une partie du visage, c'est tout notre rapport aux autres qui est mis à mal.


Si j'étais complexée par mon ventre ou mes cuisses, je tentais des techniques pour les cacher ou les faire paraitre plus fins.

Mais pas de cachette possible pour le visage (avant notre époque de masques permanents évidemment).


Pas étonnant donc que dans les pires jours (surtout dans ma tête), il m'était complètement impossible de sortir de chez moi et de pouvoir accepter de me confronter au regard des gens.

Pourtant, après avoir vu des exemples bien pires, je n'avais même pas un type d'acné si catastrophique.


Au moins, cela m'aura appris à être plus compatissante envers les gens.


D'ailleurs, je me mets à la place des adolescents d'aujourd'hui et je n'imagine même pas que ce ce doit être.

En effet, nous avons grandi dans les années 90-2000 avec des images parfaites dans les médias, mais nous savions que ce n'étaient que des mannequins choisis et retouchés. On savait que ça ne représentait pas du tout le commun des mortels.

Nous avions les mêmes idéaux de beauté mais surement pas la même pression que les adolescents d'aujourd'hui.

On peut maintenant trouver des milliers d'exemples de jeunes qui ont l'air parfaits sur les réseaux sociaux, comme si les adolescents non-parfaits étaient l'exception.

Je trouve que sans une bonne éducation et une bonne remise en contexte, il doit être extrêmement facile de se sentir encore plus isolé dans la détresse et la pression de correspondre à ces idéaux.


Heureusement qu'il y a de plus en plus d'influenceurs qui souhaitent aussi montrer ce qu'est la vraie vie et la vraie "normalité".


Pour cela, je pense qu'il est assez important que l'on participe tous à rappeler à nos jeunes ce que sont les vrais rapports humains, les vraies priorités et les vraies valeurs, si on ne veut pas se retrouver dans quelques années avec une génération de jeunes adultes complètement déprimés et frustrés (encore plus que nous oui oui), complètement déconnectés de la réalité et de tout ce que les autres ont à leur apporter en dehors de juger leur apparence esthétique.


Sur ce, bon weekend !